Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 00:03

Comme à mon habitude, passage furtif sur un blog qui ne me sert qu'a peine d'exutoire passager et artistique. Mais lorsque je ne peux hurler ni pleurer à personne, parce que sans raison assez valable pour cela, que dessiner est bien trop lent pour combler mon ame trop fainéante, encore une fois il me faut écrire.

Je suis empathique mais égoiste ; pour combler un mal qui ne me concerne pas, j'ai eu besoin de revisiter le passé. Ainsi, je suis tombé sur un vieux rêve que j'avais couché par écrit ultérieurement. J'avais envie de le réécrire ici.

 

Lune de fin (mouais cette fois je mets un titre. A un reve. Allons bon)

 

 

Je regarde a travers le velux. Tout est très calme. La mer semble immobile, neutre. Le ciel aussi, est calme : il est de ce bleu si particulier qui fait que l'on ne saurait dire si nous sommes le matin ou la fin d'apres-midi. Un bleu presque blanc. J'aperçois la lune. C'est curieux, il me semble qu'elle est plus grosse que d'habitude. Quelque chose cloche. Je peux distinguer ses cratères bien plus nettement que de coutume. Ils sont plus profonds. Je me doute déjà de quelque chose. C'est un détail. Comme trois petites notes de piano aigues perçant le silence d'une partition vide. Un détail, qui sonne faux, de ceux qui font parfois comprendre au reveur qu'il rêve.

 

Mais ce n'est pas mon cas.
Je détourne la tête pour appeler mes parents et ma soeur. Il ne faudrait pas qu'ils ratent une aussi jolie lune... je me remets sur les genoux pour la contempler de nouveau tandis que j'entends les pas lassés derriere moi.

Cette fois-ci je comprends.
Il faut dire qu'elle est devenue quatre fois plus grosse depuis mon dernier regard, il y a quelques secondes de cela...
D'autres regards à coté de moi se posent sur l'astre. Ma soeur semble émerveillée : elle voit une magnifique grosse boule pleine de trous. Les yeux de mon père, par contre, sont emplis de peur : il voit une magnifique grosse catastrophe.


J'ai dix ans.

 


L'ambiance ne change pas. Tout est toujours aussi calme, pour moi. Nous sommes maintenant dans la voiture, sur les routes, s'éloignant le plus possible du sélénite. Sur les genoux, à l'arriere, je continue de regarder la lune, singulièrement plus belle qu'a l'ordinaire. Elle couvre maintenant une bonne partie de l'horizon. Je devine notre maison de vacances sous l'astre. Impossible de la voir, trop loin maintenant, cachée derriere les sapins terminant l'horizon.
Comme tous les enfants, j'ai une confiance aveugle en mes parents, mes guides. je ne ressens donc absolument aucune peur. je suis trop petit pour avoir peur, Papa et Maman sont là.
Hormis la beauté exceptionnelle de notre lune, le seul changement que je perçois dans l'atmosphère est un silence complet. Hormis le bruit simple du moteur, pas un seul chant d'oiseau, aucune parole, aucun signe auditif. Mais je ne perçois ce silence anormal que comme un calme agréable : J'ai toujours aimé les ambiances lourdes et calmes, ce silence avant la tempête. Ma soeur est dans le même état. Elle somnole, n'ouvrant les yeux que de temps en temps pour admirer les cratères.Tiens...il y a des arbres de toutes les couleurs sur la lune, maintenant.

 

        Ca part en vrille.

 

 

L'anomalie ne me touche pas plus que ça. Je me sens bien, cette tranquilité omniprésente, ce silence a peine éffleuré par le moteur de la voiture qui me berce et cette certitude de sagesse et d'invincibilité de mes parents cachant pourtant leurs inquiétudes, leur terreur si bien que je n'en vois rien.
Cette plénitude, je l'ai déjà ressentie auparavant. Lorsque le monde animal était terrifié sous nos yeux qui n'en voyaient pas grand chose : Lors de cette éclipse. 1998. J'avais dix ans. J'ai encore dix ans. Ca fait dix ans.

J'aperçois une petite lumiere sous la lune. Puis je distingue des flammes. Elle doit entrer dans l'atmosphère. Dans le calme, la contemplation et cette "chaleur douce" croissante, je m'endors sous le vacarme sourd pour mieux me réveiller.




[Rêve du 28 juin 2005. J'y combinais une sensation lointaine persistante et une scène récurrente d'un jeu à l'atmosphère de "fin" permanente et singulière.]
 

Par Blackduck - Publié dans : Blog
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 15:50

Voici quelques bouts de planches d'Entités, qui trainent depuis un petit moment sur Facebook, m'enfin vu la qualité merdique des images, autant les publier dans le coin. C'est également l'occasion de mettre à jour par ici et sur l'autre "blog", puisque c'est là-bas que ça se passe

Par Blackduck - Publié dans : Entités
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 16:08

Tiens, c'est vrai, j'ai un blog...

J'ai le crâne bourré à craquer d'histoires plus ou moins interessantes et trop peu de temps pour les dessiner. J'pensais en rédiger les scénar' "pour plus tard", mais "pour plus tard", chez moi, ça se transforme souvent en "jamais". Du coup, ces histoires, je n'en fais ni des bd ni des scénarii mais des nouvelles. En v'la une.

 

Y a pas de titre. J'ai pas réussi à en trouver un.

 

 

 

 

Je fus banni. Jeté dans un puits sans fond, sans procès, sans ménagement, sans humanité et surtout sans savoir ce qu'il y avait à savoir. Je crois que ça faisait partie de mon chatiment, l'ignorance. Lorsqu'on est emprisonné sans savoir ni pourquoi ni combien de temps, la souffrance est sans doute démultipliée.

La chute était longue. A bien y regarder -et c'était bien tout ce qu'il me restait à faire en attendant le fond- ce n'était pas un puits, mais un gouffre profond. Si profond.
Tellement profond qu'il m'a fallu trois jours environ pour me rendre compte que je ne souffrais ni de faim ni de soif.
Je chutais. Le vent permanent autour de moi, le son qu'il produisait étaient insupportables. L'incompréhension lorsqu'autour de moi les ténèbres laissaient place aux cieux, l'omniprésence de nuages, le manque de sensations, j'ai longtemps cru avoir loupé l'arrivée, être mort tellement rapidement que je ne m'en étais pas aperçu et qu'enfin j'étais aux portes du paradis. Après ce qui m'a semblé une eternité, j'ai alors pensé que nos religions se trompaient sur l'apparence du Purgatoire. Car c'est là que je me trouvais. Nulles flammes, nul démon, nul instrument de torture, un simple ciel, un soleil éclatant ou une nuit obscure pour le temps qui passe. Et ces nuages.

Mais je n'étais pas mort. D'après l'alternance des cieux diurnes et nocturnes, je tombais depuis près d'un mois.  Après une cinquantaine de jours j'avais complètement arrêté d'hurler et de pleurer. Il m'en avait fallu seulement dix pour ne plus sentir le vent et l'impression de tomber. Le creux dans mon ventre provoqué par le vide infini et la peur, eux, ne disparurent qu'après cinq cent jours environ.
La rage, la haine envers ceux qui m'avaient jeté dans cet enfer me tenaient à l'écart de la folie, me permettaient d'attendre le sol sans perdre conscience.

Avec le recul, jusqu'ici ça allait, en fin de compte : J'ai mis trois ans à comprendre que le sol ne viendrait jamais.

Trois ans, ça peut paraître long. Pour moi c'était bien au delà de la longueur, et j'ai quand même mis ces trois eternelles années à m'y résoudre. Parce que je ne voulais pas y croire. Parce que je ne pouvais pas y croire. Parce que cela signifiait que je tomberai  jusqu'à ce que je meure de vieillesse, de rage ou de folie.

Après dix mille jours de descente inexorable vers la folie et le vide, j'ai hurlé de nouveau. Quand je me suis regardé et que j'ai constaté que mon corps ne se déteriorait pas. Que je ne vieillirai pas. Que ma chute durerait pour l'éternité.  Que mon banissement, ma chute absurde, si lointains en arrière et en hauteur, étaient le plus grand sévice qu'on puisse infliger à un homme.

J'ai hurlé.

Après avoir perdu ma voix j'ai hurlé encore.
J'ai fait face au vent, douloureux à nouveau, et j'ai hurlé ma démence. Encore, et encore. Lorsque je me suis réveillé, j'avais perdu le décompte des jours. Je tombais sans savoir depuis combien de temps, immobile et le regard creux. Le désespoir n'existait plus, il s'agit là d'une émotion qui n'aurait pu découler que de ma résignation face à la mort. Et l'éternité du Purgatoire, l'infinité de ma chute, l'absence maintenant évidente de mort, tout ça ne laissait place qu'a la démence profonde.

Puis j'ai pu penser à nouveau. Au bout de combien de temps, oh peu importe : Les jours passaient comme des secondes. Ce temps, cet insaisissable temps n'était plus qu'une goutte d'encre diluée dans un océan de douleur mentale. J'ai pu penser. Il n'y avait plus ni monde, ni gravité, il ne restait plus que ma pensée. Et les mondes et sensations dont j'aurais pu rêver, tous se retrouvaient en moi. Je me réfugiais en moi, je ne me raccrochais plus à rien d'autre qu'a mon imagination.
Je ne rêvais que de choses solides, la chute n'existait plus. 
Bien sûr, je me perdais : J'avais oublié ce qu'était la musique, ou le goût. Mais les couleurs, réelles dans mon enfer, me permettaient de garder le cap, de construire des images mentales, un refuge, un cocon paradisiaque, un monde qui m'appartenait.

Je ne sais pas combien de siècles passèrent. Peut-être des millénaires. Car j'avais en moi un univers entier. Un univers sans puits et sans crevasses. Sans gravité. Avec des milliards d'habitants, tous plus colorés les uns que les autres. Chacun d'entre eux m'accueillerait chaleureusement en son foyer à chacun de mes passages. On parlerait du sol magnifique, si beau, si solide, si délimité. Ou de cet océan de cieux si lointains, si légendaires. Nous lancerions mille éclairs, nous jouerions, nous battrons parfois. Nous ressentirions mille émotions. Nous vivrions ensemble ou nous croisant mais tous me réconfortaient toujours, ou qu'ils furent. Parce qu'ils étaient, parce qu'ils existaient. Comme le sol que je foulais maintenant. Je ne vivais plus qu'en moi.

La haine, la rage, ça ne dure pas plus de trois siècles, je pense. C'est probablement le temps que j'ai mis pour oublier ces sentiments. Toute ma réalité était, depuis toujours celle que je m'inventais. Depuis toujours. Le reste, ce qu'il y avait avant « toujours » avait disparu depuis des milliards et des millards d'années. De ce temps éloigné comme les bribes de souvenirs d'un nouveau-né, je ne me rappelais que de mon nom. Il faut garder un nom lorsqu'on ne veut pas devenir fou. Mon désir d'un monde, de solidité, était si ardent, je ne pouvais pas le perdre dans les méandres des siècles ou dans ceux de la démence.

J'ouvrais de moins en moins les yeux sur ces cieux cauchemardesques dans lesquels je tombais inlassablement sans même m'en rendre compte. Puis j'ai atteint les limites de mon imagination. Il y avait en moi probablement deux mille ans de création de mondes, d'histoires ou d'univers solides et colorés.
Cette limite n'était pas une limite de quantité. C'était une limite de volonté : Je devais passer à autre chose. J 'étais prêt à accepter la folie pour ne plus fuir, pour faire mourir mon âme. Pour tuer mon ego. Je souhaitais qu'il ne resta que mon corps se débattant seul, ma conscience envolée depuis longtemps.

J'ai tout éteint. Mes sens, mes yeux, mes muscles. J'ai attendu, attendu. Il s'est écoulé cent ans, je le sentais, je le savais. Une vulgaire centaine d'année qui était passée aussi vite que le vent. Et nulle folie à l'horizon. Ni folie ni douleur, une simple conscience de tout mon être, de mon énergie vitale immortelle, pas de douleur. Les yeux fermés je pouvais voir mon corps, et ce n'était plus une création de mon esprit : C'était une faculté aussi réelle en moi qu'en dehors de moi. C'était la sérénité.

Il pouvait bien passer encore un milliard d'années, j'attendrai ce temps en toute quiétude, mon repos patient précèdera la folie, qu'il en soit ainsi.

Et j'ai atterri.

Un sol dont je ne rêvais même plus, là, sous mes pieds. Je me suis parfaitement receptionné.
J'ai atterri.
J'ai atterri.
Sans même mourir, j'ai atterri.
 J'ai atterri. Bon sang ce que j'ai pu pleurer, lorsque passèrent enfin choc et compréhension. J'ai pleuré d'avoir atteint un rêve oublié depuis les limbes de mon esprit et du temps, j'ai pleuré après avoir même atteint la sérenité. Le sol. J'ai pleuré. Comme un enfant. Comme un homme retrouvant sa femme qu'il croyait disparue depuis mille ans. Comme un vieillard mourant entouré de sa famille encore respectueuse et aimante. Comme un naufragé atteignant enfin sa terre après avoir nagé jusqu'à son dernier souffle.

Tandis que mon esprit se ressaisissait, mon corps lui, vibrait encore de milliers d'années de chute continue. Pas la moindre blessure physique, pas la moindre trace d'age, pas la moindre déterioration mais une vibration folle.

J'ai atterri.

Par Blackduck - Publié dans : Nouvelles et petites histoires
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Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 12:55

Mouais. Incorrigible. A chaque fois que je reconstruit un blog, je finis par le foutre dans un coin ou il prendra la poussière.

La vie active -de dessinateur- commence à se mettre en place, pour moi, cela sera peut-etre suffisant pour me motiver à nettoyer tout ça et avancer ici !

Quoi qu'il en soit, j'ai un boulot à terminer pour le 24 septembre et en soit, il s'agira de dessiner 56 personnages (connus) de manga façon Chibi (grosse tête-petit corps). Je les publierai dans le coin avant cette date, donc. Histoire de dire que ce blog est toujours vivant !

Par Blackduck - Publié dans : News
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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 13:09

Mouaip, pour ce qui est de poster fréquemment, je n'ai jamais été doué, vraiment. Pourtant c'est de la flemme, rarement du manque de temps, ou de dessins.

Quoi qu'il en soit, quelques news : Un confrère dessinateur m'a conseillé Blog-spot, pour le dessin, plutôt qu'Over-Blog. Je n'aime pas démenager, je ne crèverais donc pas ce blog-ci, toutefois je vais jeter un oeil, je pourrais bien faire une annexe ou je publierais enfin mes planches sur le net sans qu'elles ne soient trop dégueulasses, illisibles, trop petites et dans le désordre (ce qui est le résultat lorsque publiées sur Over-blog, j'ai essayé, j'ai pas aimé, j'me suis fait rembourser).

 

Je suis en train de terminer mon premier chapitre d'Entités (dont je parle ici), il me reste trois foutues pages à encrer pour obtenir un prologue de trente pages tout rond. C'est chiant les dernieres planches, pour moi, je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que je suis toujours pressé de passer au chapitre suivant et aux étapes suivantes alors nécessaires : nouveaux croquis, recherches, etc. Du même coup, et c'est la raison pour laquelle je raconte ça ici, il y aura bientôt dans le coin de nouveaux croquis, recherches, etc. Le monde est bien fait.

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J'en chie, avec toi, foutu chapitre d'intro.

 

 

Ah et dernier point, pas des plus utiles, mais comme je trouve ça classe, j'le raconte quand même, je vais passer à la radio, tiens. Je bosse régulièrement (enfin régulièrement...) en tenant des ateliers d'initiation au manga, des cours simplifiés -ou non- de dessin, un peu partout, et cette fois, pour le compte de "Graines d'Images". Et Graines d'Images, c'est en partenariat avec une radio du coin. Alors du coup, interview du "mangaka". Et c'est moi. Fin du mois pour les détails. C'est pas très important MAIS c'est cool.

Par Blackduck - Publié dans : News
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Le Book

  • Le blog de blackduck
  • : 25/07/2010
  • : Ca m'emmerde toujours autant, ces foutues descriptions. 'Fin j'sais pas, normalement si vous êtes dans le coin c'est que vous savez qu'il n'y a ici qu'illustrations, planches de bd, puis, à la limite, quelques articles à la con. Ou alors vous êtes tombés ici par hasard. Dans ce cas je vous le dis : il n'y a ici qu'illustrations, planches de bd, puis, à la limite, quelques articles à la con. Ah et pour lire ma BD, c'est plutôt là : http://blackduck-entites.blogspot.com
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